Une vague qui déroule ne t'attend pas, mais parfois c'est toi qui vas trop vite pour elle : tu as pris tellement de vitesse que tu sors de la zone où elle pousse. Tu te retrouves loin sur l'épaule, là où la pente s'aplatit, et la planche commence à ralentir. Le cut-back sert à ça. Tu bascules ton poids sur l'autre rail, tu dessines un grand arc qui te remet face à la mousse, puis tu repars dans le sens de la vague, relancé. Dans sa version complète, le geste dessine un huit et finit par un rebond sur la mousse : c'est le roundhouse cut-back, un classique que tout le monde rêve de placer proprement.
C'est la manœuvre qui sépare ceux qui suivent la vague de ceux qui la lisent. Un bon cut-back ne se fait pas parce qu'on en a envie, mais parce que la vague le demande : la section ralentit, la mousse est loin derrière, il faut retourner chercher la puissance là où elle est. Si tu le travailles, fais-le d'abord en grand et sans te presser, en regardant l'endroit où tu veux aller : le corps suit les yeux, toujours. Et ne cherche pas la gerbe d'eau avant la trajectoire. Le cut-back, c'est accepter de faire demi-tour pour aller plus loin.
