On ne dit pas « je vais faire du surf », on dit « je vais faire une session ». La nuance est réelle : une session a un début (la lecture du spot depuis la plage), un cœur (l'eau, les vagues, les copains), et une fin qu'on repousse toujours d'une dernière vague. Elle peut durer quarante minutes ou quatre heures, ça ne se décide pas d'avance.
Et c'est une drôle de comptabilité : une session peut se résumer à trois vagues et rester des années dans la mémoire. Les surfeurs se racontent leurs sessions comme d'autres se racontent des concerts, avec des dates, des détails, des exagérations affectueuses. Le surf se pratique en sessions et se vit en souvenirs.
