La WSL a annoncé une très belle dernière journée, et elle ne s’est pas trompée. Si les conditions n’étaient pas aussi folles qu’au début de la compétition, les 16 derniers surfeurs et surfeuses ont fait le show. Et au final, la Canadienne Erin Brooks et l’Hawaïen Seth Moniz se sont imposés à Teahupo’o.

La reine des tubes ?

Deuxième victoire sur le CT pour Erin Brooks, deuxième victoire sur un spot à tubes. Après le Fiji Pro 2024 qu’elle a remporté en tant que wild card, la jeune Canadienne décroche un nouveau titre prestigieux. Et elle en avait bien besoin, car la dernière Rookie of the Year vit une saison très compliquée. Dans les six premières étapes, elle n’est jamais allée plus loin que le deuxième tour. Elle devait donc absolument faire un gros résultat en Polynésie française pour bien se relancer et espérer rester dans l’élite du surf mondial.

Son parcours jusqu’à la victoire est digne d’une championne. Au premier tour, elle sort la crack française Tya Zebrowski, puis, dans la foulée, elle élimine deux championnes du monde : Carissa Moore et Molly Picklum. Sur le finals day, elle est incontestablement la meilleure surfeuse, et de très loin. Seule Anat Lelior la met en difficulté en finale. À neuf minutes du terme du chrono, la Canadienne est menée et a besoin d’un 8.07 pour repasser devant son adversaire. C’est alors qu’elle prend un magnifique barrel avec un impressionnant drop, noté 8.93. Elle reprend les commandes et ne les lâche plus jusqu’à la sirène. Elle s’impose avec un score de 17.20 (le meilleur total de la compétition chez les femmes) contre un 16.33 pour Lelior. Quelle finale ! “La saison est très difficile. J’ai perdu au deuxième tour de chaque compétition, donc obtenir une victoire me donne beaucoup de confiance”. Remontée à la 11e place, elle espère poursuivre sa remontée grâce à un résultat similaire dans les prochains jours sur la vague tubulaire de Cloudbreak aux Fidji.

Erin Brooks - WSL / Hannah Anderson

La première victoire de Moniz

Il l’a fait ! Après sept saisons sur le CT, Seth Moniz remporte enfin son premier trophée. Si Erin Brooks connaît des difficultés sur le tour, ce n’est rien comparé à l’Hawaïen. 31e avant le début de l’épreuve, il était plus que jamais en danger, d’autant plus qu’il ne participe pas aux Challenger Series pour tenter de se maintenir sur le circuit mondial. Il y avait urgence et il a brillamment déjoué tous les pronostics pour se hisser sur la plus haute marche du podium.

Remporter une étape est déjà quelque chose d’exceptionnel réservé à une poignée de surfeurs dans une saison. Mais le faire en passant par tous les tours est quelque chose d’encore plus inattendu. Mal classé, il fait partie de ceux qui doivent jouer leur peau au premier tour. Et dès le début, le tirage ne lui fait pas de cadeau. Face à lui, le local qui a remporté les Trials quelques semaines plus tôt, Eimeo Czermak. Dans des vagues immenses, il parvient à prendre le dessus sur son adversaire après une série relevée. Mais le plus difficile est à venir puisqu’il doit ensuite affronter le champion du monde en titre, Yago Dora. Pas de quoi effrayer Moniz qui n’en fait qu’une bouchée avant d’éliminer au troisième tour l’expert des barrels, Barron Mamiya. Qualifié pour le dernier jour de compétition, il vient à bout d’Aland Cleland puis d’Italo Ferreira pour retrouver en finale son ami Griffin Colapinto. Ce dernier, qui s’est qualifié devant un excellent Ramzi Boukhiam, semble favori. Mais c’est bien l’Hawaïen qui s’impose dans cette finale dantesque grâce à des tubes tous plus fous les uns que les autres. Score final : 18.17 à 14.67. Victoire nette et sans bavure, le nouveau champion peut célébrer. “Cela signifie tout pour moi. Cette saison a été très dure et j’étais dans une situation délicate. J’avais besoin d’un résultat comme celui-là”.

Seth Moniz - WSL / Matt Dunbar

Pas de grands bouleversements au général

Qui dit fin d’étape, dit coup d’oeil au classement général. Les tops 5 masculin et féminin restent inchangés malgré quelques petits mouvements. Ainsi, chez les filles, Gabriela Bryan reste première, Carissa Moore est toujours derrière elle et Sawyer Lindblad complète toujours le podium. En revanche, Molly Picklum laisse la cinquième place à Luana Silva et devient 4e du général. Chez les garçons, Italo Ferreira reprend la tête et Leonardo Fioravanti descend d’une marche. Yago Dora est toujours bien accroché à la troisième place, Miguel Pupo monte à la quatrième, tandis que Gabriel Medina descend à la cinquième position.

Côté français, Kauli Vaast et Marco Mignot sont respectivement 13e et 14e chez les garçons. C’est plus difficile chez les filles puisque Tya Zebrowski est 18e et Vahine Fierro 20e.

Le prochain rendez-vous pour les surfeurs et les surfeuses du CT est fixé dans quelques jours avec la huitième étape du côté des Fidji sur le spot de Cloudbreak du 25 août au 4 septembre.