Toutes les vagues ne naissent pas au même endroit. La houle vient de loin, des tempêtes du large, et arrive en lignes longues et régulières. Le clapot, lui, est né sur place, du vent qui souffle au-dessus de l'eau : des vagues courtes, rapprochées, sans ordre, qui se croisent et brouillent la surface. Sur une prévision, c'est le vent qui l'annonce, plus que la houle : si le vent de mer est établi, tu peux compter sur lui. Quand le vent se lève, il s'installe en un rien de temps ; quand le vent tombe, il retombe assez vite lui aussi, et la houle réapparaît, propre, en dessous.
Pour le surfeur, le clapot est la petite misère du quotidien. Il ride la face des vagues, fait sauter la planche sous les pieds, casse la vitesse et rend chaque virage plus incertain. Ramer dedans fatigue davantage, et lire la série devient un casse-tête quand tout bouge en même temps. C'est la signature de l'onshore, mais un side un peu fort suffit aussi à le lever. Les surfeurs ont tout un vocabulaire pour ça : c'est « haché », « clapoteux », « en vrac ». Une petite houle sans clapot vaut souvent mieux qu'une belle houle qui en est couverte.
