La marée vient de l'attraction de la Lune et du Soleil. Quand ils tirent dans le même axe, autour de la pleine lune et de la nouvelle lune, la mer monte plus haut et descend plus bas : ce sont les vives-eaux, les grandes marées. Quand ils tirent à angle droit, aux quartiers de lune, l'écart est faible : ce sont les mortes-eaux. Le coefficient, calculé par le Shom pour le port de Brest et valable de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz, résume tout ça en un chiffre : autour de 45 pour une morte-eau moyenne, autour de 95 pour une vive-eau moyenne. L'écart réel entre la haute et la basse, le marnage, varie lui d'un port à l'autre.
Pour un surfeur, le coefficient dit surtout à quelle vitesse le spot va changer. Avec un gros coef, l'eau bouge beaucoup en peu de temps : le spot qui marche à mi-marée ne marchera peut-être qu'une heure, les bancs se découvrent à la basse, et les courants tirent plus fort, dans les baïnes notamment. Avec un petit coef, la mer bouge peu et le bon créneau s'étire sur la journée. C'est pour ça qu'à l'eau, on entend « gros coef » presque aussi souvent que la taille des vagues. Une marée ne se lit pas seulement à son heure, mais à sa force.
