Le mot vient de l'anglais grommet, dont l'origine se discute encore, et il désigne la jeune garde du surf. Attention au contresens : un grom n'est pas un débutant. Sur la côte basque comme dans les Landes, beaucoup de gamins ont grandi avec une planche sous le bras, surfent après l'école et tout le week-end, et lisent leur plage mieux que bien des adultes du line-up. Ils sont légers, souples, sans appréhension, et ils progressent à une vitesse qui donne le vertige. Le grom, c'est celui que tu regardes partir sur la meilleure vague de la série en te demandant comment il a fait.

Au line-up, le grom a sa place, et la priorité vaut pour lui comme pour tout le monde, dans les deux sens. Il existe une vieille habitude qui veut que les plus jeunes s'effacent devant les anciens, et une autre qui veut que les anciens les encouragent : on préfère la seconde. Les clubs de la côte font tourner des compétitions par catégories d'âge, et c'est là que se forment les surfeurs qu'on suivra plus tard sur le circuit. Alors si un grom te souffle la vague de la série, à la régulière, souris. Le grom d'aujourd'hui, c'est peut-être la finale que tu regarderas demain.