Dans une grosse vague, tout va plus vite : elle se déplace rapidement, il faut ramer fort pour la rattraper, et la descente est longue et raide. Le gun est taillé pour ça. Sa longueur et son volume lui donnent la vitesse de rame pour partir tôt ; sa forme étroite et sa queue en pointe le gardent stable et contrôlable à grande vitesse, là où une planche courte décrocherait. On attribue le mot à Buzzy Trent, un pionnier des grosses vagues d'Hawaï dans les années 50, et l'image parle d'elle-même : pour aller chercher le gros, il faut une arme à la hauteur.

Un gun ne sort que quelques jours par an, et c'est justement ce qui le rend précieux. En France, on le voit sur les spots de gros comme Parlementia, à Guéthary, quand les grosses houles d'hiver rentrent. Entre le shortboard et le gun, il existe une planche intermédiaire, le step-up, un peu plus longue que la planche de tous les jours, pour les journées solides. Ne le confonds pas non plus avec les planches de tow-in, courtes et lourdes, avec des straps pour les pieds, qu'on surfe tracté par un jet-ski : le gun, lui, se rame. Un gun dans un quiver, c'est une promesse faite à l'hiver.