Sous la planche, à la place des dérives, il y a un mât vertical. Au bout de ce mât, un fuselage qui porte deux ailes : une grande à l'avant, qui fait tout le travail, et une petite à l'arrière, le stabilisateur. Le principe est celui d'une aile d'avion, mais sous l'eau. Dès que tu prends un peu de vitesse, l'aile avant crée de la portance, la planche sort de l'eau et tu glisses au-dessus de la surface, presque sans frottement. Tout se pilote avec les pieds : un peu de poids devant pour redescendre, un peu derrière pour monter.

Ce qui rend le foil à part, c'est qu'il n'a pas besoin d'une belle vague. L'aile travaille sous la surface, dans l'énergie de la houle elle-même : une vague molle, minuscule, qui ne casse même pas, suffit pour avancer. Les bons foilers vont jusqu'à pomper, des petites flexions des jambes qui relancent l'aile, pour enchaîner plusieurs vagues et revenir au pic sans ramer. Les jours où c'est aux genoux et où tout le monde reste sur la plage, eux sont à l'eau.

Le foil en surf a pris son envol dans les années 2000, avec des pionniers comme Laird Hamilton, qui se faisaient d'abord tracter au jet-ski dans la houle du large. Il s'est répandu vers le milieu des années 2010, en bonne partie grâce à l'Hawaïen Kai Lenny. Une règle de bon sens : une aile rigide et coupante qui file vite, ça se garde loin des autres. Dans un line-up chargé, on prend ses distances, et on ne le sort pas au milieu des débutants. Ne le confonds pas avec le wing foil, où l'on tient une aile gonflable à bout de bras : même aile sous la planche, mais là, le moteur, c'est le vent.