Au-delà d'une certaine hauteur, une vague avance si vite qu'il devient très dur de la rattraper à la force des bras. Le tow-in règle le problème de la vitesse : le pilote du jet-ski tire son partenaire accroché à une corde, comme en ski nautique, le place au bon endroit, et le surfeur lâche la corde déjà lancé, au moment où la vague se lève. Reste la descente. Le pilote, lui, file se mettre à l'abri, puis revient le chercher dès que la vague est passée, avec le sled, une sorte de luge accrochée à l'arrière du jet-ski, pour le ramasser.

Ça se pratique en binôme, on se relaie : l'un pilote, l'autre surfe. La confiance doit être totale, parce que quand le surfeur tombe, sa sortie de l'eau dépend du pilote. Le matériel change aussi : les planches de tow-in sont courtes, étroites et lourdes, avec des straps pour caler les pieds. Pas besoin de volume pour ramer, il faut au contraire une planche qui tienne sur une face qui vibre à pleine vitesse.

La technique est née à Hawaï au début des années 1990 : Laird Hamilton, Buzzy Kerbox et Darrick Doerner ont d'abord essayé avec un Zodiac sur le North Shore d'Oahu, avant de passer au jet-ski et de s'attaquer à Jaws, sur l'île de Maui. C'est en tow-in que Belharra, au large d'Urrugne, près de Saint-Jean-de-Luz, a été surfée pour la première fois, en novembre 2002, et c'est en tow-in qu'est tombé à Nazaré le record homologué de la plus grosse vague surfée. Le débat entre la rame et le jet-ski est presque aussi vieux que le tow-in lui-même : pour certains, une vague se mérite à la force des bras ; pour d'autres, le moteur ouvre des vagues que personne ne pourrait prendre autrement.