Le mot anglais veut dire dalle, et c'est exactement ça : une plaque de roche plate, à peine recouverte, posée juste au bord d'une eau profonde. La houle arrive à pleine vitesse sans rien sentir du fond, puis bute d'un coup sur la marche. Toute son énergie se redresse au même endroit : la vague aspire l'eau devant elle, se projette en avant et casse plus épaisse que haute. Le fond se vide si vite qu'on voit parfois la roche à découvert juste devant la lèvre.
C'est un cas extrême de reef break. Là où un récif classique déroule une vague régulière, le slab la fait exploser d'un bloc : un tube énorme si tu passes, une chute sur un fond qui affleure si tu rates.
Un exemple en Europe : Mullaghmore Head, dans le comté de Sligo, en Irlande, une gauche qui sort de l'eau profonde pour exploser sur une dalle, et qui ne marche vraiment que par grosse houle, quand il y a assez d'eau pour couvrir les rochers. Sa saison, c'est l'hiver, d'octobre à mars, quand l'Atlantique Nord envoie ses plus grosses tempêtes. Un slab ne se surfe pas à moitié : on y va avec de l'expérience, jamais seul, et on lit le spot longtemps avant d'y mettre les pieds.
