Le 13 décembre 2025, Lucas Chianca a ouvert le TUDOR Nazaré Big Wave Challenge sur la toute première vague de la journée, une gauche géante dévalée à pleine vitesse, avant de partir en vrille dans la mousse. Il est ressorti au pied des rochers, là où Sebastian Steudtner, au guidon de son jet-ski, l'a cueilli en quelques secondes. Chianca dira ensuite que l'Allemand lui a sauvé la vie. Dix mois plus tard, personne, ni lui, ni Justine Dupont, ni les milliers de spectateurs qui tapissaient la falaise ce jour-là, ne peut vous dire quand la prochaine édition aura lieu. Parce qu'à Nazaré, et dans le surf de gros, il n’y a que l'océan qui fixe l'agenda.
Une fenêtre, pas une date
Le Nazaré Big Wave Challenge n'est pas une compétition comme les autres. C'est un rendez-vous d'un seul jour, en tow-in (le surfeur est tracté par un jet-ski), qui ne se tient que si une houle monstrueuse arrive avec la bonne direction et un vent qui tient. La WSL ouvre donc une « waiting period », une période d'attente, et tout le monde guette les cartes.
Les trois dernières saisons, cette fenêtre a couru du 1er novembre au 31 mars. Et l'historique dit tout de l'imprévisibilité du lieu : l'édition 2023-2024 s'est jouée un 22 janvier, la suivante un 18 février, la dernière un 13 décembre. Trois saisons, trois mois différents.
Pour 2026-2027, aucune annonce officielle n'est encore tombée à l'heure où nous écrivons ces lignes. L'an dernier, la WSL avait officialisé la fenêtre le jour même de son ouverture, le 1er novembre. Tout indique le même calendrier : du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027, avec les plus grosses journées concentrées historiquement entre décembre et février, quand les dépressions de l'Atlantique Nord s'enchaînent.

Jaune, puis vert
Le mécanisme est simple et terriblement efficace pour maintenir tout le monde en haleine. Quand une houle sérieuse se profile, la WSL lance une « alerte jaune » jusqu'à 72 heures avant la date possible. Si les prévisions tiennent, l'« alerte verte » tombe : la compétition est confirmée dans les 24 heures. Neuf équipes de deux, dix-huit athlètes dispersés entre le Brésil, le Portugal, le Chili, l'Écosse ou la côte basque, ont alors un jour pour converger vers un petit port de pêche portugais.
C'est ce qui s'est passé en décembre dernier. Alerte jaune en début de semaine, alerte verte le vendredi, et le samedi 13, des vagues de 14 à 18 mètres, l'une des houles les plus grosses et les plus propres que l'épreuve ait jamais vues. Et puis le brouillard a retardé le départ, une panne de courant sur la falaise a coupé les communications, et la WSL a arrêté l'événement après le premier tour, faute de lumière pour courir le second en sécurité. Les trophées ont été remis sur les résultats de la première session. Même en compétition, Nazaré garde le dernier mot.

Les Français ont des titres à défendre
Si la date reste un mystère, les enjeux, eux, sont déjà écrits. Justine Dupont, sacrée meilleure performance féminine en décembre pour la deuxième année consécutive, remettra son titre en jeu. Clément Roseyro, l'Angloy devenu en février 2025 le premier Européen à remporter l'épreuve chez les hommes, a conservé en décembre la meilleure performance par équipe aux côtés du Portugais Nic von Rupp. Et sur la liste des invités de la dernière édition, cinq Français au total : Roseyro, Dupont, Pierre Rollet, Benjamin Sanchis et Eric Rebière. On ne connaît pas encore la liste 2026-2027, mais le contingent tricolore est devenu une évidence sur la falaise de Praia do Norte.
Alors, la date de la compétition de surf de Nazaré 2026 ? Quelque part entre décembre et mars, un matin où le vent tombera, où le canyon fera son travail, et où dix-huit personnes recevront un message qui changera leur semaine. D'ici là, on fait comme eux : on regarde les cartes.


