Le 26 octobre 2019, Italo Ferreira gagne à Supertubos et prend la tête du classement mondial. Quelques semaines plus tard, il est champion du monde à Pipeline. C'était la dernière fois que le CT posait ses valises à Peniche à l'automne : depuis 2022, l'étape se jouait en mars. Cette année, le calendrier a retrouvé son ordre d'avant, Portugal fin octobre, Pipeline en décembre pour conclure. Reste à savoir qui va écrire la même histoire.

Une saison sans patron
Neuf étapes, huit vainqueurs chez les hommes. Miguel Pupo à Bells Beach, George Pittar à Margaret River, Ethan Ewing à la Gold Coast, Italo Ferreira en Nouvelle-Zélande, Leonardo Fioravanti au Salvador, Yago Dora à Rio, Seth Moniz à Tahiti, Cole Houshmand à Fidji, et de nouveau Pupo à Trestles. Pittar, Fioravanti et Moniz n'avaient jamais gagné sur le CT. Houshmand a soulevé le trophée à Fidji après six défaites dès le premier tour cette saison, d'après Reuters, en sortant Dora en quart. Et Gabriel Medina, wildcard de saison, a joué deux finales sans en gagner aucune.
Trestles a encore tout rebattu. Fioravanti, Medina et Ferreira sont sortis tôt, Pupo a gagné, et Yago Dora, champion du monde 2025 et vainqueur ici l'an dernier, a pris la tête du classement. Avant l'étape, moins de 10 000 points séparaient le premier du cinquième.
Chez les femmes, six gagnantes différentes en neuf étapes, mais une série qui claque. Erin Brooks, 19 ans, a gagné Tahiti, Fidji puis Trestles : trois d'affilée, ce qui n'était pas arrivé depuis 18 ans, alors qu'elle n'avait pas dépassé le deuxième tour lors des six premières étapes. Gabriela Bryan, vainqueure à Bells Beach, est numéro 1 après sa finale perdue contre Brooks (13,00 à 11,90). Selon la WSL, Carissa Moore, double lauréate cette saison, est deuxième et Brooks troisième.

Trois étapes pour tout jouer
Après Trestles, le plateau a fondu : 22 hommes et 14 femmes, plus deux wildcards de chaque côté, pour Peniche puis Cloud 9, aux Philippines (31 octobre-10 novembre). Abu Dhabi, annulée à cause du contexte dans la région, ne fait plus partie du voyage. La coupure est brutale : Barron Mamiya, vainqueur de Pipeline deux années de suite, est passé à côté de la postseason au départage face à Jake Marshall. Mais personne ne disparaît pour de bon, tout le monde se retrouve à Pipeline du 8 au 20 décembre, où les points sont multipliés par 1,5 (15 000 pour le vainqueur, d'après The Inertia). Au final, ce sont les neuf meilleurs résultats sur douze qui comptent.
Peniche et Cloud 9 ne désignent donc aucun champion. Ils décident seulement qui arrivera à Pipeline avec de l'avance.
Supertubos n'attend personne
C'est un beach break de sable, et c'est ce qui fait tout. Les bancs sont peu profonds, ils bougent d'une marée à l'autre, et la houle arrive nourrie par le canyon de Nazaré, à une soixantaine de kilomètres au nord, selon la WSL. Résultat : des tubes, à gauche comme à droite, et des planches qui cassent. L'an dernier, la finale hommes a fini en affaire d'airs : Dora, avec deux rotations complètes, a battu Ferreira 13,37 à 12,43.
La vague a aussi son caractère. En 2025, il a fallu attendre cinq jours qu'une tempête atlantique s'éloigne. En 2024, les vagues se sont faites rares en finale féminine. Et Supertubos aime les premières fois : João Chianca et Caitlin Simmers y ont signé leur première victoire sur le CT, en 2023.

Les Portugais à la maison
Cinq Portugais au départ, l'une des plus grosses délégations de leur histoire selon la WSL. Francisca Veselko, qui n'a pas passé la coupure mais profite de la wildcard de l'événement, ouvre le bal face à Sawyer Lindblad, dont la première victoire sur le CT date de Rio. Teresa Bonvalot, appelée en remplacement d'Isabella Nichols, blessée, croise Carissa Moore. Yolanda Hopkins affronte Molly Picklum, championne du monde en titre, qui l'avait battue à Trestles (13,33 à 9,50). Chez les hommes, Guilherme Ribeiro, pour sa première wildcard sur le CT, tombe sur George Pittar, et Frederico « Kikas » Morais, le vétéran invité par MEO, sur Samuel Pupo. Il a battu Kelly Slater ici en 2013 et y a fini cinquième en 2015. Il connaît l'endroit.
Une Française dans le tableau
Johanne Defay a reçu la dernière wildcard de l'événement. Elle avait gagné ici en 2024 face à Tyler Wright (10,83 à 5,50), puis y avait joué en 2025 son dernier tableau avant sa pause maternité. Elle revient en jeune maman, avec sa famille, d'après la WSL. Son histoire, on vous l'a racontée [ici](lien vers l'article du 13 octobre).
Rendez-vous vendredi
La fenêtre court du 16 au 25 octobre, avec une séance d'entraînement le 15. Le live est gratuit sur WorldSurfLeague.com et sur l'appli WSL ainsi qu’un chat live sur Duckrew Live. Le tableau est tombé, la houle fera le reste. Vendredi, on y est.

